Prendre soin
Pret relais comment ca marche
5 septembre 2026

On a failli renoncer. La maison qu’on voulait était parfaite, mais la nôtre n’était pas encore vendue. Le banquier nous a parlé de prêt relais. J’ai noté trois pages de chiffres sur un coin de table, et je suis rentrée avec plus de questions qu’en arrivant. Six mois plus tard, on est passés par là. Voilà comment ça s’est passé, sans jargon, avec les vrais montants qu’on nous a proposés et les surprises qu’on n’avait pas vues venir.
Ce qui m’a fait changer d’habitude
Avant ce projet, je pensais qu’on vendait une maison, puis on en achetait une autre. Point. Dans ma tête, c’était un jeu de chaises musicales : tu te lèves de l’ancienne, tu t’assois dans la nouvelle. La réalité, c’est que les deux opérations ne se synchronisent presque jamais. La maison qu’on veut acheter est disponible maintenant. L’acheteur pour la nôtre, lui, il arrive dans trois mois, ou six, ou jamais.
Le prêt relais, c’est la banque qui fait le pont. Elle te prête une partie du prix du nouveau bien en attendant que l’ancien soit vendu. Sur le papier, c’est rassurant. Dans les faits, c’est un crédit à court terme, souvent sur douze ou vingt-quatre mois, avec des intérêts qui courent et une pression discrète mais réelle : si tu ne vends pas dans les temps, la mensualité grimpe.
Ce qui se joue au quotidien
Prenons un exemple concret, celui que le banquier nous a posé sur la table. Tu as une maison estimée à 250 000 euros. Tu veux en acheter une à 320 000. La banque te prête entre 70 et 80 % de la valeur de ton bien actuel, soit environ 175 000 à 200 000 euros. Tu complètes avec un prêt classique pour le reste.
Pendant la période relais, tu ne rembourses que les intérêts et l’assurance. Sur 175 000 euros empruntés à 3,5 %, ça donne environ 510 euros d’intérêts par mois, hors assurance. C’est une somme qui s’ajoute à ton budget sans faire baisser le capital. Chaque mois qui passe sans vendre, c’est 500 euros qui partent sans que ta dette diminue.
Le vrai stress, ce n’est pas le principe. C’est le compteur qui tourne. Tu regardes les visites, tu attends les retours, et dans un coin de ta tête il y a cette petite voix qui calcule : « encore un mois, encore 500 euros ».
Les habitudes qui changent quelque chose
Ce qu’on a fait, et qui nous a aidés, c’est de préparer un budget sur douze mois glissants. Pas juste le tableau qu’on te donne à la banque. Un vrai tableur avec quatre colonnes : les charges fixes qu’on garde, les charges liées aux deux maisons (taxe foncière, entretien, assurance), la mensualité relais, et un matelas pour les imprévus.
On a aussi décidé de baisser nos dépenses courantes de 20 % pendant la période de transition. Moins de restos, moins d’achats plaisir, une enveloppe loisirs divisée par deux. Pas par panique, juste par réalisme : l’argent qui dort sur le compte, c’est de la sérénité quand le crédit relais court.
Troisième chose : on a mis notre maison en vente AVANT de signer le compromis pour la nouvelle. Pas l’inverse. Le banquier nous l’avait dit, on ne l’a pas écouté assez tôt. Signer l’achat sans avoir mis en vente, c’est prendre un risque supplémentaire. Si c’était à refaire, je mettrais l’ancienne en vente trois mois avant.
Quand en parler à un professionnel
Je ne suis pas conseillère financière, et cet article ne remplace pas un rendez-vous avec ta banque. Mais voilà les moments où je te dirais d’y aller sans attendre.
Dès que tu repères une maison qui te plaît. Pas le lendemain, pas la semaine d’après. Le jour même, tu appelles pour un rendez-vous. Le prêt relais se monte en quelques semaines, et un bien peut partir en quelques jours.
Si ta maison actuelle est dans une zone où les biens partent lentement, sois encore plus vigilante. Un bien en zone rurale peut mettre douze à dix-huit mois à trouver preneur. Un prêt relais sur vingt-quatre mois, ça semble long, mais si ta maison met un an à se vendre, il te reste un an de marge. C’est plus court qu’on ne le croit.
Ce que j’en retiens au quotidien
| Étape du prêt relais | Ce qu’on a fait | Ce qu’on referait pareil | Ce qu’on changerait |
|---|---|---|---|
| Estimation du bien actuel | Deux agents, une moyenne | Faire estimer par trois agents, pas deux | Les écarts entre agents étaient de 15 % |
| Négociation du taux | Comparaison de deux banques | Prendre le temps de comparer | Demander un différé partiel si vente longue |
| Mise en vente | Après compromis signé | Mettre en vente AVANT le compromis | Trois mois d’avance minimum |
| Budget mensuel | Un tableur maison | Réduire les dépenses de 20 % | Prévoir un matelas plus large (6 mois de charges) |
| Période de double charge | Trois mois | Avoir provisionné les impôts fonciers | Négocier la date de jouissance pour éviter le chevauchement |
Ce que je retiens surtout, c’est que le prêt relais n’est pas un danger en soi. C’est un outil de transition. Ce qui est dangereux, c’est de le prendre sans avoir regardé son budget en face, et de se dire « ça va bien se passer ». Préparer un tableur, réduire ses dépenses, vendre avant d’acheter : trois gestes simples qui transforment une source d’angoisse en un plan qui tient la route.
Mon conseil, si tu envisages un prêt relais : fais-toi un tableur ce soir. Pas celui de la banque, le tien. Avec les vraies charges des douze derniers mois. Et ajoute 15 % de marge pour les imprévus. Tu dormiras mieux.
FAQ
Quelle est la différence entre un prêt relais et un prêt classique ?
Le prêt classique, tu le rembourses sur quinze, vingt ou vingt-cinq ans, en capital et en intérêts. Le prêt relais, c’est un crédit court, douze à vingt-quatre mois, où tu ne payes que les intérêts et l’assurance chaque mois. Le capital se rembourse en une fois, à la vente de ton ancien bien. C’est un pont, pas une maison.
Est-ce que je peux obtenir un prêt relais si ma maison n’est pas encore en vente ?
Oui, techniquement c’est possible. La banque se base sur une estimation de ton bien actuel, pas sur un compromis signé. Mais c’est plus risqué pour toi : tu commences à payer les intérêts sans savoir quand la vente va arriver. Mon conseil : mets en vente d’abord, demande le prêt relais ensuite.
Que se passe-t-il si je ne vends pas ma maison avant la fin du prêt relais ?
Si le délai arrive à échéance et que ton bien n’est pas vendu, tu as deux options. Soit la banque accepte de prolonger le prêt relais, souvent de six à douze mois supplémentaires, soit elle transforme le prêt relais en prêt classique. Cette deuxième option peut fortement alourdir ta mensualité, puisque tu commences à rembourser le capital. Anticipe la discussion six mois avant l’échéance.
Le prêt relais est-il plus cher qu’un crédit immobilier classique ?
Le taux d’un prêt relais est généralement un peu plus élevé qu’un prêt amortissable classique, de 0,5 à 1 point en plus. Pourquoi ? Parce que le risque pour la banque est plus important sur une durée courte, et parce que le capital n’est pas remboursé progressivement. Sur douze mois, la différence représente quelques centaines d’euros. Sur vingt-quatre mois, elle peut dépasser les mille euros.
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