Prendre soin
Comment s'endormir quand on y arrive pas
29 juillet 2026

Je me souviens de ce soir de mars où j’ai posé mon téléphone sur la table de nuit en me disant que cette fois, j’allais vraiment trouver comment s’endormir quand on y arrive pas. Il était 23 h 47, les enfants dormaient depuis une heure, et j’étais allongée, les yeux grands ouverts, à rejouer la journée dans ma tête. Le pire, ce n’était même pas la fatigue du lendemain. C’était cette sensation de solitude, dans le noir, à attendre le sommeil comme on attend un bus qui ne passe plus.
Ce qui m’a fait changer d’habitude
J’ai longtemps cru que mon problème venait de mon oreiller, de la lumière dans le couloir, de la température de la chambre. J’ai acheté trois oreillers différents en deux ans. J’ai testé les bouchons d’oreilles, le masque de nuit, le ventilateur en hiver. Rien de tout ça ne réglait le fond du problème.
Ce qui a changé, c’est un déclic tout bête. Un soir, au lieu de ruminer « il faut que je dorme », je me suis dit « je vais juste me reposer, même sans dormir ». Et cette phrase, aussi simple qu’elle paraisse, a enlevé une pression énorme. Parce que la vraie difficulté, quand on cherche comment s’endormir quand on y arrive pas, ce n’est pas la fatigue. C’est la peur d’être fatigué le lendemain. Et cette peur, elle tient éveillé.
J’ai aussi arrêté de regarder l’heure. Chaque fois que je consultais mon téléphone à 1 h 12, puis 1 h 48, puis 2 h 23, je faisais le calcul mental des heures de sommeil qu’il me restait. Et ce calcul, il angoisse. Il transforme le lit en salle d’attente. Depuis que j’ai rangé mon téléphone dans le salon avant de me coucher, je ne sais plus quelle heure il est quand je me réveille la nuit. Et bizarrement, je me rendors plus vite.
Ce qui se joue au quotidien
On ne peut pas parler de sommeil sans parler de ce qui le précède. La journée d’une maman commence souvent à 6 h 30, s’enchaîne entre le petit déjeuner, l’école, le travail, le bain, les devoirs, le dîner, l’histoire du soir, et se termine vers 22 h quand la maison est enfin silencieuse. À ce moment-là, le corps est fatigué mais le cerveau, lui, vient seulement de lâcher prise. Il lui faut du temps pour redescendre.

Ce que j’ai compris avec le temps, c’est que le sommeil ne se commande pas. Il se prépare. Et cette préparation commence bien avant d’éteindre la lumière. La durée moyenne d’endormissement mesurée en France est de 25 minutes, selon le Baromètre 2017 de Santé publique France. Une enquête plus récente de l’INSV et de la Fondation VINCI Autoroutes, en 2024, parle même de 37 minutes en semaine. Autrement dit, mettre vingt ou trente minutes à s’endormir, c’est normal. Ce n’est pas un échec. Et pourtant, on a tous vu passer cette promesse de « s’endormir en une minute » qui nous fait croire qu’on est anormaux si on n’y arrive pas.
L’autre erreur que j’ai faite, c’est la sieste trop longue. Quand on a une nuit difficile, la tentation est grande de rattraper le sommeil dans l’après-midi. Une sieste de deux heures, rideaux tirés, comme une revanche. Sauf que le soir, le corps n’a plus assez de pression de sommeil, et tout recommence. L’INSV le rappelle : la sieste est une alliée de la vigilance, mais elle doit rester courte. Vingt minutes suffisent. Au-delà, c’est l’endormissement du soir qu’on décale.
Les habitudes qui changent quelque chose
Je ne vais pas te faire la liste des dix recommandations que tu trouveras partout. Je vais te dire ce qui, chez moi, a vraiment fait la différence.
D’abord, la régularité. Ce n’est pas glamour, mais se coucher et se lever à la même heure, même le week-end, c’est ce qui a le plus changé mon sommeil. Les premiers jours, c’est frustrant de se lever un dimanche à 7 h alors qu’on pourrait dormir. Mais au bout de deux semaines, le corps sait. Il anticipe. Et le soir, la fatigue arrive à la même heure, sans qu’on ait à la chercher.
Ensuite, la lumière. Pas de grand discours : le soir, je baisse les lumières du salon dès 20 h 30. Pas de plafonnier, juste une petite lampe. Les écrans, j’essaie de les poser une heure avant le coucher. Je ne réussis pas tous les soirs, et ce n’est pas grave. L’important, c’est la tendance, pas la perfection.
Enfin, le petit rituel. Le mien, c’est une tisane. Pas une marque particulière, juste une tisane chaude que je bois lentement, assise dans le canapé, sans rien faire d’autre. Cinq minutes de pause où je ne suis ni maman, ni collègue, ni épouse. Juste moi. Et ce sas, c’est peut-être le plus important de tout. L’INSV publie dix recommandations de ses médecins du sommeil, et elles partent toutes du même principe : des gestes simples, répétés chaque jour, qui signalent au cerveau que la journée est finie.
Quand en parler à un professionnel de santé
Il y a un moment où il faut arrêter de chercher des astuces sur Internet. Quand les difficultés à s’endormir s’installent au-delà de quelques semaines, ce n’est plus une question d’hygiène de vie. C’est une insomnie, et ça se traite avec un médecin. L’INSV et Ameli sont très clairs là-dessus : aucune méthode miracle ne remplace un avis médical quand le sommeil ne revient pas.
J’ai mis du temps à l’accepter, parce que ça ressemble à un aveu d’échec. Mais consulter un médecin pour son sommeil, ce n’est pas échouer. C’est reconnaître que son corps a besoin d’aide, et c’est la chose la plus responsable qu’on puisse faire. Si tu te réveilles épuisée tous les matins depuis un mois, si l’angoisse du coucher commence à gâcher tes soirées, si tu sens que la fatigue empiète sur ton humeur et ta patience avec les enfants, parle-en. Ce n’est pas une faiblesse. C’est prendre soin de toi, et donc de ta famille.
Ce que j’en retiens au quotidien
Aujourd’hui, je ne prétends pas avoir trouvé la solution. J’ai encore des soirs où je tourne dans le lit, où mon cerveau refuse de s’arrêter, où je repense à ce mail que j’ai oublié d’envoyer ou à ce rendez-vous du lendemain. La différence, c’est que je ne lutte plus contre. J’accepte que ce soir-là, je dormirai moins. Et en acceptant, je me rendors presque toujours.
Ce que je retiens de ces années à chercher comment s’endormir quand on y arrive pas, c’est que le sommeil est un invité, pas un employé. On ne lui donne pas d’ordre. On lui prépare un endroit calme, une routine rassurante, et on attend qu’il vienne. Parfois il arrive vite, parfois il prend son temps. Et dans les deux cas, ce n’est pas de notre faute.
FAQ
| Question | Réponse |
|---|---|
| Pourquoi je n’arrive pas à m’endormir alors que je suis fatiguée ? | La fatigue physique et l’endormissement sont deux mécanismes différents. On peut être épuisée sans que le cerveau accepte de lâcher prise, surtout quand la charge mentale de la journée n’a pas eu le temps de redescendre. C’est pour ça qu’un petit sas de décompression avant le coucher change la donne. |
| Est-ce grave de mettre du temps à s’endormir ? | Pas du tout. La moyenne en France est de 25 à 37 minutes selon les études. Tant que tu te réveilles en forme le matin, le temps d’endormissement n’est pas un problème en soi. C’est l’anxiété autour de ce temps qui devient un problème. |
| Quand faut-il vraiment consulter pour des problèmes de sommeil ? | Quand les difficultés durent plusieurs semaines, que la fatigue du matin pèse sur ton humeur et ta patience, et que l’angoisse du coucher s’installe. L’INSV et Ameli sont clairs : au-delà de quelques semaines, on ne parle plus d’hygiène de vie mais d’insomnie, et c’est un médecin qu’il faut voir. |
| Une sieste peut-elle m’empêcher de dormir le soir ? | Oui, si elle est trop longue. Une sieste de plus de vingt minutes réduit la pression de sommeil du soir, surtout si elle est prise en fin d’après-midi. L’INSV recommande des siestes courtes, idéalement avant 15 h, pour ne pas décaler l’endormissement. |


