Les Notes de Maman

Prendre soin

Comment faire impression écran : mon journal de bord

6 septembre 2026

Comment faire impression écran : mon journal de bord

J’ai passé trente-huit ans à croire que « faire impression » c’était un truc de bureau, de costume et d’entretien d’embauche. Et puis un jeudi de janvier, ma fille de six ans est rentrée de l’école en larmes parce qu’une copine lui avait dit qu’elle était « bizarre ». Rien de grave, une pique de cour de récré. Sauf que le soir, dans son lit, elle m’a demandé : « Maman, c’est quoi, faire une bonne impression ? »

Je suis restée muette cinq secondes. Parce que la réponse que j’avais en tête était la même que celle qu’on m’a servie toute ma vie : tiens-toi droite, parle distinctement, souris. Et cette réponse ne m’a jamais aidée.

Ce qui m’a fait changer d’habitude

Le déclic est venu d’un dimanche pourri. J’avais accepté un déjeuner chez des voisins que je connaissais à peine, par politesse. J’y suis allée en mode « représentation » : conversation polie, sourire en place, questions prudentes. Résultat : trois heures à parler de la météo et du prix de l’immobilier. En rentrant, je n’aurais pas su dire si ces gens étaient drôles, tristes, ou simplement fatigués.

La semaine d’après, j’ai croisé la voisine au marché. J’étais en jogging, les cheveux en bataille, un filet de clémentines dans une main et un dessin de dinosaure dans l’autre. Elle m’a parlé de son frère qui venait de perdre son chien. On est restées vingt minutes près du stand de fromage. Ce jour-là, sans le vouloir, j’ai fait une vraie impression. Pas celle qu’on prépare. Celle qui arrive quand on arrête de jouer un rôle.

Ce qui se joue au quotidien

Faire impression, ce n’est pas une performance. C’est une rencontre. Le problème, c’est qu’on nous a appris l’inverse.

Ce qui se joue au quotidien

Chez moi, j’ai repéré trois choses qui grippent tout. D’abord, le regard qu’on porte sur soi avant d’entrer dans une pièce. Si je me sens mal coiffée ou mal habillée, je parle moins, je me tiens en retrait. Je ne fais aucune impression, ni bonne ni mauvaise. Je disparais.

Ensuite, l’attention qu’on porte à ce qu’on projette plutôt qu’à ce qu’on perçoit. C’est un piège de femme, je crois. On se demande ce que l’autre pense de nous, et pendant ce temps on n’écoute pas ce qu’il dit. Une conversation où chacun cherche à briller plutôt qu’à comprendre, ça s’appelle deux monologues croisés.

Enfin, la fatigue. Les soirs où mes enfants ont épuisé toutes mes réserves, je n’ai plus l’énergie de faire impression. Et c’est souvent ces soirs-là que je suis la plus vraie.

Les habitudes qui changent quelque chose

HabitudeCe que ça remplaceRésultat concret
Poser une question personnelle simple en arrivantLancer un sujet génériqueLa conversation démarre sur du vrai
Écouter sans préparer sa réponseChercher un truc intelligent à direL’autre se sent entendu, et ça se voit
Arrêter de se juger sur sa tenueScanner son reflet dans chaque vitreL’énergie passe dans l’échange, pas dans l’image
Respecter ses limites d’énergieS’engager par politesseUne heure de vraie présence > trois heures de façade
Accepter les silencesMeubler à tout prixLe silence donne le temps de penser à ce qu’on vient d’entendre

J’ai testé la première habitude chez la pédiatre le mois dernier. En salle d’attente, une maman avait l’air épuisée. Au lieu du sempiternel « quel âge a le vôtre ? », j’ai demandé : « Vous avez réussi à dormir cette nuit ? » Elle a souri, a dit « deux heures, et vous ? », et on a parlé dix minutes comme si on se connaissait. Pas de formule magique. Juste une question qui partait de ce que je voyais vraiment.

Quand en parler à un professionnel de santé

Il y a des situations où faire impression n’est pas une question de volonté. Une timidité qui vous empêche de sortir de chez vous, une anxiété qui vous coupe la parole en réunion, une voix qui tremble systématiquement : ce n’est pas un défaut de caractère, c’est peut-être un trouble anxieux, et ça se traite. Un psychologue ou un médecin traitant peut vous orienter. Je ne suis pas médecin, et ce carnet ne remplace pas une consultation. Mais je sais que reconnaître la limite entre un tempérament réservé et une souffrance, c’est déjà faire un pas énorme.

Ce que j’en retiens au quotidien

La vraie leçon de ces deux dernières années tient en une phrase : on ne contrôle pas l’impression qu’on laisse, mais on peut choisir la manière dont on se présente. Et la manière qui marche, ce n’est pas la plus brillante. C’est la plus présente.

Aujourd’hui, avant d’entrer quelque part, je ne me demande plus « comment je vais être perçue ? ». Je me demande « qu’est-ce que j’ai envie de comprendre de la personne en face ? ». Le reste se fait tout seul. Ou pas. Parfois je rate complètement ma sortie, parfois je bafouille, parfois je repars en me disant que j’aurais mieux fait de rester chez moi. Mais j’ai arrêté de compter les points.

FAQ

Est-ce qu’on peut apprendre à faire bonne impression, ou c’est inné ?

Ça s’apprend, comme tout ce qui touche à la relation. Mais pas en répétant des techniques. En s’exposant, en ratant, en observant ce qui a marché la fois d’après. Ma fille de six ans, sans le savoir, s’entraîne tous les jours dans la cour de récré. Nous, on a juste oublié qu’on avait le droit de rater.

Comment faire impression quand on est de nature timide ?

En commençant petit. Une question sincère à une personne, pas un discours à un groupe. La timidité n’est pas un défaut : elle rend attentif, et l’attention est ce qui fait la meilleure impression. Beaucoup de gens se souviennent d’une personne timide qui les a écoutés, pas d’un bavard qui les a assommés.

Est-ce que les écrans changent la façon de faire impression ?

Oui. Un message écrit ne passe pas le ton de la voix, le rythme, le regard. Ce qui fait impression en vrai ne se traduit pas à l’écrit. Et inversement, quelqu’un de brillant par message peut sembler effacé en face. La seule règle qui tient dans les deux cas : s’intéresser à l’autre plutôt qu’à l’image qu’on renvoie.

À quel moment faut-il s’inquiéter de l’impression qu’on laisse ?

Quand ça devient une obsession qui empêche de vivre. Si chaque interaction est une source d’angoisse, si vous rejouez chaque conversation le soir en boucle, parlez-en. Pas à un coach en communication. À un professionnel de santé. Le reste du temps, rappelez-vous que les gens pensent beaucoup plus à eux-mêmes qu’à vous.


Pour aller plus loin sur le lien entre bien-être et vie pratique, j’ai aussi noté ce que j’ai compris du prêt relais et de son fonctionnement, un sujet qui touche au logement et au stress qu’il génère.


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